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15 février 2016: Soins palliatifs: La prise en charge piétine

mati nejmi 005Les centres qui devaient être lancés en 2011 à Fès et 2012 à Marrakech, toujours pas là

Les comités chargés de la gestion de la douleur dans les hôpitaux régionaux absents aussi

Une sommité. En 1994, le Pr. Mati Nejmi, alors chef du service de réanimation à l’Institut national d’oncologie, a engagé les décideurs marocains dans le domaine de la santé et les organisations internationales dans un effort visant à introduire les soins palliatifs au Maroc. En 2013, il ouvre le premier centre privé de soins palliatifs du pays à Casablanca.

«Peu de progrès ont été accomplis jusqu’à présent dans la création du réseau décentralisé de soins palliatifs», fait observer le Pr Mati Nejmi (Ph. L’Economiste)

 
- L’Economiste: A quand remonte la prise en charge de la douleur au Maroc?
- Mati Nejmi:
Au Maroc, la prise en compte de la prise en charge de la douleur et des soins palliatifs remonte au début de l’année 1995. Une enquête, réalisée en septembre 1994, avait en effet montré que la prévalence de la douleur en milieu médical était de 64%, toutes spécialités confondues, aussi bien en médecine publique que privée. Par ailleurs, pour soulager la douleur les médecins marocains utilisaient soit les anti-inflammatoires, soit les antalgiques périphériques du palier 2. La prescription de morphine était totalement ignorée. Enfin, les 2/3 des oncologues marocains ignoraient les recommandations établies par l’OMS en 1986 pour soulager la douleur, en rapport avec le cancer ou les douleurs nociceptives sévères. Le combat contre le traitement de la douleur et la mise en place des soins palliatifs à l’Institut national d’oncologie de Rabat, où je dirigeais le département d’anesthésie-réanimation, a démarré en mars 1995, lorsque nous avons pu introduire la morphine par voie orale au Maroc. Nous avons créé la Société marocaine de traitement de la douleur et des soins palliatifs et initié un cycle de Formation médicale continue à travers le Royaume en organisant un cycle de conférences durant deux années et qui ont vu la participation de près de 3.000 médecins marocains. C’est dire leur engouement pour ces formations.

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- Seuls deux hôpitaux publics, à Casablanca et Rabat, disposent d’une unité de soins palliatifs, qu’en est-il des régions?
- Peu de progrès ont été accomplis jusqu’à présent dans la création du réseau décentralisé de soins palliatifs que le PNPCC envisage. Même si un centre de soins palliatifs a été créé à Casablanca, aucun n’a été créé ailleurs dans le pays. Pourtant, le PNPCC prévoyait la création d’un centre à Fès en 2011 et à Marrakech l’année suivante. Les comités chargés de la gestion de la douleur dans les hôpitaux régionaux et provinciaux n’ont pas encore été mis sur pied ou ne fonctionnent pas efficacement.


- Même complication s’agissant d’obtenir les médicaments utiles.
- Les analgésiques opiacés restent en effet et dans une large mesure indisponibles en dehors des établissements de santé de niveau tertiaire. La loi sur les substances contrôlées a été amendée afin d’allonger la durée maximale des ordonnances comportant des analgésiques opioïdes, mais peu de mesures ont été prises pour effacer les craintes et les préjugés des médecins et des pharmaciens au sujet de ces médicaments ou pour accroître le nombre de médecins dotés de privilèges de prescription.

http://www.leconomiste.com


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