État des lieux des nouvelles addictions au Maroc et dans le Monde
Dr Anwar CHERKAOUI
État des lieux des nouvelles addictions au Maroc et dans le Monde est la thématique de la 2ème journée scientifique de l’Association Marocaine d’Addictologie (AMA), organisée ce samedi 28 octobre 2017, à l’Institut Royal de la Culture Amazigh à Rabat.
Des spécialistes Marocains et étrangers vont exposer des données scientifiques sur l’état des lieux des nouvelles addictions. Il sera question de l’addiction aux films pornographiques, aux jeux, aux nouvelles technologies et à des nouvelles rogues, indique Pr Fatima EL OMARI, présidente de l’Association Marocaine d’Addictologie (AMA).
L’AMA tient à rappeler que l'addiction se définit comme la dépendance d'une personne à une substance ou une activité génératrice de plaisir, dont elle ne peut plus se passer en dépit de sa propre volonté.
Et il existe de nombreuses addictions, de la banale addiction au café ou à la dépendance à la cigarette ou à l’alcool en passant par la toxicomanie. C’est-à-dire l'usage habituel et excessif d’une substance toxique sans justification médicale. Cela peut être des médicaments détournés de leur usage comme des antidouleurs ou des psychotropes, mais aussi des drogues douces comme le cannabis ou plus dure comme l’héroïne. Il existe également des addictions sans substances types addictions aux jeux, à Internet, au sexe ou aux nouvelles technologies.
Pour Dr Fatma EL OMARI, présidente de l’Association Marocaine d’Addictologie (AMA), « nous assistons depuis quelques années à l’émergence de nouvelles formes d’addictions : nouvelles substances psychotropes ou nouvelles drogues, nouveaux comportements (addiction à l’écran, au jeu vidéo, hypersexualité….. Cette nouvelle donne ouvre un grand débat autour de leur facteurs étiologiques, leur dépistage et catégorisation clinique, leur cadre juridique, ainsi que leur complexité thérapeutique » .
Pour les dépendances au sexe, dans leur grande majorité ils sont dépendants aux sites pornographiques sur Internet. La nouveauté aujourd’hui, l'addiction au sexe commence à être mieux reconnue, comme l'ensemble des addictions dites sans drogues. Et le dépendant au sexe n'est pas forcément une personne à la vie sexuelle intense. C'est une personne qui ne parvient pas à arrêter ces pratiques alors qu'elle le souhaite et cette compulsion détruit sa vie professionnelle et affective. La base du traitement est la psychothérapie avec une dimension comportementale dans un premier temps afin de trouver les déclencheurs des pulsions et réfléchir à la manière de les faire cesser. Puis il faut comprendre pourquoi la sexualité est surinvestie et si l'addiction masque une dépression. Cela peut prendre plusieurs mois comme plusieurs années. Mais en parler, c'est déjà commencer à sortir de la spirale addictive et à briser la solitude.
Cette première étape est essentielle. Il ne s'agit pas de faire du sevrage. Lors de ce travail, les patients doivent réapprendre à voir l'autre comme une personne et non comme un objet de désir sexuel
Addiction à internet
La dépendance à internet touche de plus en plus de monde. L’addiction se définit par une consommation moyenne de quatre heures du média internet chaque jour. Ce critère du temps passé n’est pas reconnu par tous.
Une personne peut passer peu de temps sur internet mais être obnubilée toute la journée par ce qu'elle va y faire. La dépendance à internet peut concerner le média en lui-même comme les activités que l'on peut y pratiquer (jeux en ligne, jeux d'argent, pornographie, achats etc). Internet est le support de l'addiction.
C'est l'une des raisons qui fait que la population dépendante à internet ne constitue pas un groupe homogène. L'utilisation excessive des réseaux sociaux pourrait parfois s'apparenter à des conduites addictives.
Addiction aux jeux vidéo
Problèmes scolaires, abandon du sport et de la vie familiale sont autant de symptômes caractéristiques d'un joueur pathologique aux jeux vidéos.
Certains signes doivent allerter : un enfant enfermé dans sa chambre, accroché à son ordinateur, les yeux rivés sur son écran, hermétique à toutes remarques ou demandes tant son attention est retenue par son jeu vidéo et par les autres jeunes qui «en ligne» évoluent dans le même monde virtuel que lui.
De ce fait, un enfant qui décroche de la vie familiale ou scolaire, qui ne veut plus se lever le matin, qui abandonne ses activités sportives : c’est un état pathologique qu’il faut prendre en charge, précise Pr Fatima EL OMARI, présidente de l’Association Marocaine d’Addictologie.





